L’implantation à Ampasipotsy

Avant que l’ASA n’ait choisi la zone d’Ampasipotsy comme lieu de migration de ses familles bénéficiaires, plusieurs missions de prospection avaient été effectuées en différents endroits autour d’Antananarivo. Après plus de dix ans, mes souvenirs commencent à s’estomper, mais l’essentiel de mes propos ci-après évoquent des faits précis.

L’équipe technique initiale de l’ASA était composée de 3 personnes : feue Lalao, as- sistante sociale, Doudou, chef de centre au siège de l’ASA, appelé alors CASA (les autres CASA ne verront le jour que par la suite) et moi-même.

Nous cherchions un terrain qui pourrait accueillir plusieurs promotions de familles.

Je me souviens qu’une fois, par le biais d’un président de fokontany, nous avions visité un endroit qui s’appelle Masindray, un peu au sud d’Antananarivo, où un terrain en pente et boisé faisant 5 ha, pouvait être disponible pour l’ASA. À l’évidence, la superficie n’était pas assez grande, car une promotion ne pourrait pas y être installée, si nous voulions donner des surfaces de terrains suffisantes pour chaque famille afin que chacun puisse s’adonner à l’agriculture. Nous avons dû rapidement abandonner cette piste.

Une autre fois, également, nous avons monté un programme pour partir en bus de Tana et aller du côté d’Ambohimalaza, à 16 km sur la route de Tamatave, puis faire un trajet par monts et par vaux pour voir s’il n’y avait pas de terrain assez vaste qui pourrait se prêter à nos activités. Nous avons marché durant une journée pour déboucher à la fin à Ambanitsena mais sans rien trouver.

Avec une association qui s’appelait EDM (Espoir et Dignité pour Madagascar), nous avons été jusqu’à Moramanga pour voir s’il n’y avait pas de possibilité à côté du terrain qu’elle avait occupé. Malgré la qualité de leur accueil, les notables locaux nous ont manifesté indirectement une forte réticence qui ne nous a pas encouragés à aller jusqu’au bout.

La rencontre de notre président avec le Jésuite agronome Henri de Laulanier et monsieur Jacques Garnier, un ancien de la Sakay, nous a amenés à prospecter du côté du Moyen-Ouest et de cette région que les Réunionnais avaient colonisée depuis les années cinquante, mais qu’ils avaient abandonnée à partir des années 70. L’idée était de récupérer les anciennes fermes réunionnaises. Mais comme
les terrains semblaient déjà occupés par des paysans sous le contrôle d’une société d’état, nous avons préféré voir plus au sud. C’est finalement à Mahasolo que nous avons pu faire la connaissance, grâce à Jacques Garnier, d’un nommé Chang, ancien épicier de Babetville (Ankadinondry Sakay). C’est lui qui nous a indiqué l’actuel terrain d’Ampasipotsy.

Paysage du Moyen-Ouest

À partir de ses conseils nous avons commencé à mener des démarches auprès des autorités administratives en vue d’une demande en bonne et due forme. La reconnaissance domaniale a pu se tenir au mois de mai 1997. Marie-Claude Meunier, sœur de notre président, était des nôtres pour cette mission pionnière.

Sur les 5000 ha demandés à l’Etat, 4 686 ha ont pu être accordés à l’ASA.

À la fin de la mission de reconnaissance, l’ASA avait reçu l’autorisation de commencer à venir travailler sur le terrain. C’est pour cela que nous avons organisé le transfert de la première promotion, composée de 10 familles le 4 août 1997.

Depuis, nous n’avons pas cessé de continuer à prospecter des terrains dans les environs afin d’étendre nos actions.
(Léonce Wing Kong, directeur de l’ASA)

"Mais où est donc passé Mamy ?"

La reconnaissance domaniale est racontée par Marie-Claude Meunier, sœur de Jacques Tronchon. Ce récit plein d’émotions donne le ton de la mise en place de la Phase III. "Mais où est donc passé Mamy ?", vous le saurez en cliquant sur l’icône, ci-dessous !

Mais, où est donc passé Mamy ?

Suite : Cinq solides gaillards le 29 juillet 1997...