La lettre d’ADAMA

Numéro 69, mai 2020

Chères amies, chers amis,

C’est bien sûr dans un contexte particulier que nous vous faisons parvenir notre traditionnelle circulaire de printemps. Notre premier souhait étant, évidemment, qu’elle vous rejoigne en bonne santé et que vous n’ayez pas été trop affectés par l’épreuve que nous traversons. N’hésitez pas à nous donner des nouvelles, nous les recevrons toujours avec bonheur.

De notre côté, nous nous sommes efforcés de maintenir au mieux le lien avec nos amis de Madagascar et du Mali. D’après les informations dont nous disposons, à ce jour, ils sembleraient être moins durement frappés que nous, du point de vue strictement sanitaire, et nous nous en réjouissons fortement.

Que ce soit pour Aïna ou pour Asa, les responsables ont bien maitrisé la situation en essayant de limiter les risques au maximum et leur action semble efficace.

En revanche la situation économique est beaucoup plus catastrophique que chez nous, même si nous sommes bien conscients des fortes incertitudes qui pèsent sur notre avenir et des légitimes inquiétudes et précautions qu’elles peuvent justifier. Mais là-bas, c’est immédiatement en termes de survie que se situent les enjeux.
D’après les calculs de la Banque de France, il semblerait que les Français aient économisé 60 milliards d’euros en raison du confinement…

A Madagascar ou en Afrique lorsque l’activité quotidienne s’arrête, qu’il n’y a plus les petits métiers, le marché, le travail aux champs…on n’épargne pas…on jeûne...ou tout au moins, on se serre un peu plus la ceinture. Et les filets de sécurité et autres mesures de soutien et d’accompagnement sont faibles. En fait, c’est nous qui jouons ce rôle…
Nous avons donc reçu des appels à l’aide d’Aïna et d’Alain Togo au Mali nous demandant d’anticiper nos versements. Ce que nous n’avons pu faire que partiellement car, au jour d’aujourd’hui, nous n’avons qu’une faible visibilité sur l’avenir, le résultat de notre campagne de dons étant, à peu près au tiers de ce qu’il est normalement.

L’inquiétude est identique dans l’ensemble des associations du réseau ASA-France et nous avons dû nous résoudre à prévenir que nous n’étions plus sûrs de pouvoir tenir nos engagements pour les mois qui viennent. Avec toutes les conséquences que nous redoutons puisque nous sommes les principaux soutiens du « fonctionnement ». Et le fonctionnement, c’est la survie, alimentaire notamment.
C’est pourquoi, même si, encore une fois, nous sommes tout à fait conscients des préoccupations qui nous habitent tous, nous comptons sur votre fidèle générosité.

Merci d’avance et merci à ceux qui ont anticipé, parfois avec une belle largesse !
Portez-vous bien ! Cordialement,

Pierre Chalvidan et les membres du Bureau : André Julian, Françoise Flot, Patrice Guerrini, Claudette Cochet, Colette Crombé, Xavier Petit, Philippe Limondin.