La première promotion dans le Moyen-Ouest

Lundi 4 août 1997...

Les familles étaient prêtes à quitter le village d’Antanety, Casa 2, où elles avaient résidé un an, après leur séjour au Casa 1. Elles avaient rassemblé leurs affaires et les avaient chargées dans le camion qui devait les amener dans le Moyen-Ouest, lieu de leur ultime installation. Tous, parents et enfants, très enthousiasmés, attendaient patiemment à l’arrière du véhicule...

À 7 h, le départ fut lancé. Lorsque le moteur tressaillit, les nouveaux migrants ne purent réprimer un éclat de joie ; ils savaient qu’ils allaient loin et que là-bas, ils pouvaient refaire leur vie.

Il fallu beaucoup de patience aux familles, car la route est longue et cahoteuse. Jusqu’à Mahosolo aucun problème, mais la suite de la piste s’avéra redoutable, alternant pentes vertigineuses, chemins défoncés, et rivières difficilement franchissables. Certains passages furent problématiques pour le camion, bien que l’équipe technique, à bord du 4X4 ait profité de ses quelques heures d’avance pour « refaire », à la pioche, certaines portions de piste. Il fallut pousser, tout en sollicitant le treuil de la voiture pour sortir le camion embourbé.

Les « colons » posèrent le pied sur leur « terre promise » aux alentours de 21 h, au terme d’une longue et éprouvante journée.

La sagesse des enfants m’a beaucoup impressionné : pas un cri, pas un pleur. Ils s’accroupirent autour du feu, comme s’ils avaient toujours été là. Ce n’est que le lendemain que les familles découvrirent l’immensité de leur domaine (4700 ha). Mais elles commençaient aussi à entrevoir l’ampleur du travail qui les attendait ! Ces terres étant vierges, tout reste à faire, à commencer par les maisons. Heureusement, l’armée a prêté quatre grandes tentes pour la durée d’un mois.

Puis fin septembre 97, les défis que l’ASA doit surmonter...

Cela fait à peine deux mois que la Phase III a débuté et déjà les premiers imprévus surviennent : le problème central est la difficile accessibilité du site.

La piste est déjà coupable de deux incidents préoccupants. Tout d’abord, la construction des maisons a pris du retard du fait que le tracteur chargé de livrer les matériaux éprouve de grandes difficultés à acheminer sa marchandise jusqu’au campement. Par chance, l’armée a accepté de ne récupérer ses tentes qu’à la fin du mois de septembre, ce qui suffira aux familles pour achever leurs maisons en pisé.

De plus, le 4x4 de l’Association a été vaincu par le relief de la piste et a perdu son embrayage dans la bataille.

La Land dans la bataille...

En outre, un problème de santé a récemment touché une famille entière qu’il a fallu évacuer. Cela serait-il possible lorsque les pluies seront de retour ? On sait que déjà que le 4X4 ne pourra plus passer. Le problème de la sécurité sanitaire ne doit pas être sous-estimé : là-bas, l’eau n’est pas potable, et, dès le mois de novembre, les moustiques seront nombreux, d’où la menace du paludisme.

Malgré ces difficultés, l’installation du village pionnier avance, les cultures sont entreprises.

Sans fracas, lentement mais sûrement les migrants de l’ASA s’installent dans leur terre nouvelle. Le grand confort n’est pas pour demain, mais chaque famille va pouvoir y reconstruire sa vie et penser à son avenir.
(Sébastien Rembauville-Nicolle)

Léonce à la B.L.U. (seul moyen de communication avec le siège de l’ASA) et ... un groupe électrogène capricieux !

Portfolio

  • Le premier dispensaire
  • Attente devant le dispensaire
  • Un pont...
  • Piste humide...
  • Un pont...