"Un vent d’espoir pour Madagascar"

Des jeunes grenoblois installent une éolienne pour le C.M.R.

De jeunes grenoblois de l’IUT Joseph Fournier construisent puis installent une éolienne pour le centre des métiers ruraux

Voir leur reportage en vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=v-Kn4uHT2pE&feature=youtu.be

I - La Préparation

Le projet « Un vent d’espoir pour Madagascar » a débuté en avril 2014 avec Coline Aucoeur, Céline Molmeret et Lisa Segreto dans le cadre de leur projet de fin d’études de l’IUT Génie Mécanique et Productique de Grenoble. Elles voulaient réaliser un projet humanitaire, et ont choisi de fabriquer une éolienne.
- Septembre 2014, prise contact avec Véronique Douillet présidente de l’association ASAM Provence qui soutient l’association ASA.
- Novembre 2014 un anémomètre est envoyé afin de mesurer la vitesse du vent. Joël Gilbert ingénieur chercheur chez SunPartner en profite pour donner un cours d’électricité aux jeunes chargés de prendre les mesures. Ainsi les jeunes malgaches s’investissent déjà dans le projet. Le centre des métiers ruraux (CMR) est à ce moment-là choisi pour recevoir la future éolienne.
- Janvier 2015 un partenariat est créé avec l’IUT Génie Electrique pour pallier au manque de compétences électriques pour fabriquer l’éolienne ! C’est ainsi que Tanguy Pedro, Martin Saumagne, Bao Vuong et Valentin Guiragossian rejoignent l’aventure.

Afin de financer les diverses parties mécaniques du projet, Coline Céline et Lisa réalisent un projet de financement participatif sur le site Ulule. https://fr.ulule.com/vent-despoir/ Grâce au soutien des proches, des contacts d’ASAM Provence et d’autres contributeurs 3 000€ sont collectés.
Une partie de cet argent a permis de réaliser un stage de fabrication de l’éolienne au sein de l’entreprise Ti éole durant lequel la tête de l’éolienne est réalisée.
. Les pales de l’éolienne, sculptées dans le bois
. L’alternateur : formé de bobines de cuivre et d’aimants
. La structure : réalisée à partir de cornières soudées
Une très grande partie de l’éolienne est réalisée pendant ce stage : il reste à faire le mat, le socle ainsi que l’armoire électrique.

Fabrication de l’éolienne

Côté mécanique, dimensionnement du mât : Jay Hudnall de l’entreprise Ti’éole conseille un mât de 18 mètres avec un acier standard (E24). Après vérifications des calculs de dimensionnement des structures, les tubes d’acier (3x6m) sont commandés avec les collerettes qui permettent d’assembler les différents tubes et les plans du socle de l’éolienne réalisés par le magasinier du département (découpe + soudage de plaques d’inox).
Côté électricité, dimensionnement de l’armoire. Le principal enjeu du projet est de coupler une éolienne (signal alternatif) à des panneaux solaires (signal continu).
L’organisation de l’année 2015 /2016 est différente : pour les génies mécaniques, Coline, Céline et Lisa ne sont plus à l’IUT, elles ont été diplômées et continuent en école d’ingénieur : Coline à Compiègne, Céline à Lyon et Lisa à Grenoble. La distance et les impératifs des écoles ne facilitent pas l’avancement du projet. Heureusement que la partie mécanique est presque finie ! En début d’année, les soudures des collerettes sont réalisées sur les tubes par l’IUT génie mécanique, afin de profiter du conteneur Aviation sans frontière et d’envoyer le mât en Octobre. Le reste du matériel sera acheté directement à Madagascar ou transporté dans les valises des uns et des autres ….
Pour les génies électriques, l’équipe projet a totalement changée : Valentin et Tanguy ont redoublé et Martin a changé d’orientation. Pour assurer la réussite du projet, il est plus judicieux de former un groupe de projet de 2èmes années car cela fait partie du programme scolaire. Le soutien d’un professeur référent Mr Fabien Vassenaix est plus marqué qu’en première année. Antonin Mazard et Remi Renard rejoignent Bao Vuong sur le projet.
Pour réaliser l’armoire électrique, échanges mails avec l’équipe sur place pour déterminer le besoin et les contraintes liées au projet : emplacement des panneaux-photovoltaïques, emplacement de l’éolienne, besoin énergétique, moyens matériels et humains (personnes qualifiées pour l’entretien) disponibles sur place.
Ensuite plusieurs simulations sont réalisées sur ordinateur des différents schémas électriques imaginés. Après avoir déterminé le schéma électrique le plus performant, les différents composants sont rassemblés pour la conception de l’armoire.
Merci aux entreprises et à l’IUT, pour tout le matériel donné ce qui a permis de limiter les frais….
A la fin de la réalisation de l’armoire, des tests sont faits en laboratoire pour la faire fonctionner dans les conditions réelles d’utilisation, par exemple tests de l’éolienne en soufflerie.
Le financement participatif réalisé précédemment ne permet pas de prendre en charge les dépenses liées à la fabrication de l’armoire électrique. Nous avons donc réalisé des dossiers de subventions auprès de notre université qui n’ont malheureusement pas abouti.

Avant le départ, ASAM Provence a permis la rencontre avec Jean Baptiste Lemoine de l’association Electriciens Sans Frontière et ancien ingénieur électricien qui a apporté beaucoup d’informations sur le plan électrique mais aussi sur plan humanitaire. Il a donné des documents sur la maintenance des installations électriques. La maintenance étant bien sûr gage de longévité de l’installation.
Finalement, Lisa et Rémi n’ont pas poursuivi le projet, c’est seulement Coline, Céline, Antonin et Bao qui iront à Madagascar installer l’éolienne et les panneaux.

II - Le voyage

Madagascar du 3 au 18 août 2016 avec un groupe de scouts de Marseille ce qui a permis de faire le trajet ensemble jusque sur la ZMA.
Dès l’arrivée à l’aéroport, pris en charge par Luciani responsable des voyages solidaires de l’ASA puis présentés au Président fr jacques Tronchon au siège de l’ASA à Antananarivo.
« Nous sommes allés faire quelques courses dans le centre de Antananarivo. Nous y avons vu l’extrême pauvreté qui nous a rendu très mal à l’aise. Luciani nous a très bien encadré et conseillé afin d’éviter l’insécurité.
Ensuite, nous avons fait étape au domaine Saint-François. C’est un lieu très joli et un peu excentré de la capitale, ce qui nous a permis de nous sentir un peu moins “Vazaha”, moins “étrangers riches”. On s’est senti un peu comme au restaurant, le repas était très copieux et délicieux ! Tout le monde a été très bienveillant et nous avons pu visiter les lieux de vie et de formation : pré casa, casa 1 et casa 2.
Une fois à Ampasipotsy : nous avons échangé avec Nathalie (assistante sociale de la ZMA) et Delphin (responsable du CMR) sur le fonctionnement de la ZMA et l’organisation de notre séjour. Les chambres sont très bien, on a eu plus de confort que ce que nous pensions : il y a l’eau courante (douche + WC) et des lits confortables.
Les repas préparés par Zéline et Monique sont excellents, très copieux, très variés et nous n’avons pas eu à nous soucier de la propreté de la nourriture.
Tous les jours nous allions sur le chantier au CMR. Delphin, André, Philippe et José nous ont énormément soutenus tout au long des travaux. Nous avons été impressionnés par leurs connaissances techniques et leur débrouillardise. Sans eux, nous n’aurions pas pu monter l’éolienne : le socle de celle-ci a cassé au niveau des soudures pendant le transport et ils ont réussi à le réparer en réalisant des soudures plus résistantes. Ils trouvaient toujours une solution à tous nos problèmes !

Pendant notre séjour sur la ZMA, nous nous sommes sentis comme à la maison. Nous avons eu uniquement des regards bienveillants, on ne se sentait presque plus Vazaha ! Les habitants faisaient le maximum pour nous rendre à l’aise et nous simplifier la vie. Nous avons passé du temps avec Alexandra Majnoni d’Intignano, une adhérente de l’association ASA Paris Mada. Elle nous a apporté un regard nouveau sur l’ASA et la ZMA. Ce fut très enrichissant. Nous avons fait la connaissance des pères Louis et Julien. Nous avons appris beaucoup de choses en leur compagnie, comme les traditions religieuses malgaches. La messe du dimanche fut un moment fort, nous avons été très touchés des intentions portées à notre égard par les deux prêtres.
Après la messe, nous avons partagé un moment avec les enfants du village en leur faisant faire des dessins. Nous avons été très étonnés que certains enfants ne parlent pas du tout français alors que d’autres se débrouillent très bien ».

III - Installation

Avant notre intervention :
L’internat du CMR était alimenté par 2 panneaux photovoltaïques branchés sur une batterie. L’installation permettait l’éclairage de 5 lampes : 2 à l’extérieur et 3 à l’intérieur (une dans la chambre des filles, une dans la chambre des garçons et une autre dans la chambre du responsable de l’internat).

Après notre intervention :


Nous avons installé une éolienne et 3 panneaux photovoltaïques. Ce qui permet d’alimenter 9 lampes (3 pour l’intérieur du bâtiment et 6 pour l’extérieur) et une prise de courant 230V, permettant de recharger les appareils à batterie tels que les ordinateurs portables, téléphones portables, perceuses et tous types d’appareillages d’une puissance maximum de 350 Watts.
Tout le réseau électrique de l’internat a été refait pour être sécurisé.

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